Archives pour la catégorie Entreprise de demain

Volerez-vous assez haut?

Dans la catégorie « Développement professio
nnel et personnel – Créativité, « La supercherie d’Icare » de Seth Godin est un livre percutant et passionnant !

« On connaît tous la légende d’Icare, qui désobéit à son père, lequel lui recommande de ne
pas voler trop près du soleil et se noie dans la mer.
La leçon à tirer semble claire: ne prenez pas trop de risques, restez dans votre zone de sécurité, suivez les conseils des experts, ne désobéissez pas.
L’autre partie de la légende, oubliée, c’est qu’en volant trop bas, Icar risque d’être happé par les vagues. »

L’économie connectée d’aujourd’hui est une chance incroyable pour dépasser le conformisme, les objectifs modestes et rêves médiocres; c’est une invitation à voler plus haut que jamais.lsicare
Qu’elle soit professionnelle ou non, il est urgent de considérer toute activité comme un art et d’agir comme tel: personnaliser son travail, le façonner au fil du temps, le partager pour qu’il trouve son public puis tout recommencer.
« Désormais la créativité, l’art, la capacité à émouvoir un autre que soi ont plus de valeur que toute autre chose. »

Et si vous redoutez le regard de l’autre pour vous lancer, n’oubliez jamais que tout est une question de point de vue:
Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu’il est stupide. (Einstein)

Et si l’école de demain n’était finalement pas celle d’hier ?

L’école primaire ne cesse de connaître de nouvelles réformes pour la moderniser, pour intégrer les nouvelles technologies, pour la débarrasser de tous les archaïsmes.

Mais l’école de demain doit-elle être:

  • L’école de la méthodologie plutôt que celle du savoir?
  • Une école moderne et connectée 2.0?
  • …?

Aujourd’hui, l’IUFM demande aux maîtres de ne plus transmettre de connaissances pour ne pas contraindre les apprenants à la passivité mais de leur apprendre à apprendre pour que l’école soit celle de la méthodologie plutôt que du contenu.

Par cette injonction et ces réformes, l’auteur considère qu’elles contribuent à faire de l’école une école immédiatement progressiste, d’immédiate créativité, qui finalement en fait une école en régression permanente.

D’après l’auteur, nous vivons une sorte de fascination collective pour l’immédiateté. Seulement, l’être humain n’est pas un être d’immédiateté mais un être de médiation,  un être de culture. L’être humain, contrairement à l’animal, n’est pas immédiatement accompli (lui-même).

Le cas du coucou gris, oiseau parasite qui pond ses œufs dans le nid d’autres oiseaux est pris pour exemple. Quand le bébé coucou arrive à maturité, ce qui arrive plus vite que chez les autres espèces, et si tôt la tête sortie de sa coquille, le bébé coucou casse les coquilles des autres œufs et les jette par dessus bord. Le petit coucou sait immédiatement ce qu’il doit faire. Il possède immédiatement toutes les facultés de son espèce (sans passer par l’école des coucous).

Bébé, l’être humain sait aussi faire des choses extraordinaires pour son espèce: il est capable de penser, de parler, d’aimer, d’innover..etc. mais pour y parvenir, il a besoin de rencontrer une altérité et une autorité pour apprivoiser sa propre nature. Pour penser, il a besoin des mots de ses parents, ces mots issus d’une culture du passé, d’une histoire ancienne et qui répondent à une longue liste de règles d’usage et de construction. De fait, on ne peut s’accomplir sans l’héritage du passé : ce que nous avons reçu du passé fonde ce que nous faisons aujourd’hui.

Pour innover, il faut recevoir le plus possible du passé pour en faire quelque chose de profondément nouveau. L’artiste est libre car il est capable de produire demain ce qui n’existait pas hier. Devenir un grand artiste n’est pas du tout immédiat. Ce n’est pas immédiat d’exprimer quelque chose de soi, quelque chose de personnel, d’exprimer sa créativité. Il tire du passé la matière de sa propre créativité personnelle. De même, Steve Jobs prétend qu’il n’aurait jamais inventé le Mac sans s’essayer à la calligraphie.

En phase avec Hanna Arendt et Pierre Bourdieu, pour FX Bellamy, l’école de demain est nécessairement celle d’hier. L’école de demain ne peut se passer des cours primaires comme les mathématiques et autres savoirs. L’école de demain ne peut pas seulement être l’école de la méthodologie. L’école de demain a pour rôle de préparer les élèves à la modernité du monde qui vient. Cela suppose d’une certaine façon de renouer avec la culture en tournant par principe le dos à la fascination contemporaine à l’immédiateté, c’est à dire aux technologies du numérique.

La nouveauté qui surgira demain suppose de faire de l’école ce chemin, la médiation, qui conduira les élèves vers leurs propres nouveautés, leurs propres créativités. La clé vers l’avenir, c’est précisément le passé.

Le point de vue est intéressant pour ce qui est du contenu et du rôle de l’école de demain ; cela n’exclut pour autant pas la mise en place de nouvelles formes d’enseignement plus respectueuses de l’enfant (cf. Céline Alvarez, Montessori, etc.) et en opposition radicale avec les pratiques du siècle dernier.

 

Etes-vous slash/eur-cueilleur?

Un slasheur-cueilleur, c’est un peu un chasseur-cueilleurs 2.0 ;

Quelqu’un qui…

  • S’adapte à son environnement pour définir son mode de vie,
  • Définit son quotidien en fonction de ses forces et faiblesses personnelles,
  • Se positionne en alternative aux emplois standardisés

Allez voir l’excellent article d’Anne-Laure Fréant qui explique comment les slasheurs conjuguent différents emplois pour suivre leurs passions, subvenir à leurs besoins, ou donner du sens à leurs engagements.

Suzanne est: Costumière / mannequin / fondatrice d’une boutique en ligne / bloggueuse

« Mon travail de mannequinat me plonge sans cesse dans les collections, ce qui me donne des idées pour composer mes tenues de costumière et m’aide à mieux cerner le goût du jour pour ma boutique en ligne. En outre, tout ce que je vis à travers ça devient source d’inspiration pour mon blog, où je publie des billets d’humeur sur le monde qui m’entoure.»  

Un concept intéressant si être slash/eur est voulu et non une accumulation de boulots pour survivre: la précarité que propose le libéralisme n’apparaît plus comme une fatalité, mais comme une possibilité de s’épanouir.

La place du Savoir dans l’InfObésité

Internet a révolutionné notre quotidien et notre apprentissage! Ben, évidemment! Mais, comment?

Sandra Enlart, DG d’Entreprise et Personnel parle d’infobésité, où l’information est devenue omniprésente, mais aussi gratuite, accessible, et venant vers nous.

Les objets connectés deviennent une extension de nous-même. Par conséquent, l’action de Savoir est transformée: ce n’est plus le fait de mémoriser, de contrôler l’information mais de savoir la retrouver ailleurs, de déléguer, de stocker, mettre quelque part.

Dans ce contexte d’infobésité, on passe son temps à traiter de l’information. On y passe 15 minutes mais parfois 2h sans nécessairement s’en rendre compte. Pour être efficace, ça demande :

  • Une ouverture mentale: à analyser tout type d’infos (formes & contenus) – curiosité ; intuition ; créativité
  • Une polarisation: pour identifier et se focaliser sur les infos pertinentes – concentration
  • Une flexibilité mentale et des aptitudes au multi-tache: pour faire les liens nécessaires, des cartes mentales – travailler sur différents registres en parallèle

Curieusement, on n’y est ni formé à l’école, ni en entreprise. Les jeux vidéos type World of Warcraft et certains jeux de société, apparaissent comme une excellente formation qui suscitent les mêmes qualités cognitives.

Si ce contexte d’infobésité a pour conséquence la confusion du temps, des espaces et des positions, il entraîne aussi un climat d’immédiateté.

Alors, au-delà d’internet, il reste le langage: il aide à ancrer ses connaissances, ce savoir de base qui est essentiel pour réussir dans cette infobésité, mais aussi à partager et à tempérer l’immédiateté.

 

 

Dédicace à Robert69 pour m’avoir partagé les travaux de Sandra Enlart. 🙂

 

 

 

 

 

 

 

Autopsie de la génération burn-out

Voici un article (lien ) qui illustre bien les chamboulements auxquels est confrontée la génération Y, formée à l’ancien système mais travaillant dans un monde moderne en pleine ébullition.

Ce n’est pas étonnant que la « Génération burn-out, à devoir tout inventer, y compris soi-même, s’use ».

En parlant de l’hyper-spécialisation de nos études, Anne-Laure Fréant affirme: « On nous a formé comme des ouvriers alors que nous allons faire toute notre vie professionnelle dans un monde d’entrepreneurs, d’innovation, de flexibilité et d’adaptation constante. »

« La voie d’aujourd’hui, c’est l’exploration, l’adaptation, l’expérience. La vocation de notre temps n’est pas celle de l’expert monotâche, mais celle de l’entrepreneur indépendant, bricoleur, couteau-suisse, intelligent. Celle du talent multi-potentiel ».

Savez-vous que si l’expression couteau-suisse est déjà utilisée comme une compétence à avoir dans certaines offres d’emploi, elle est aujourd’hui l’intitulé même de fiches de poste comme à La Cordée (lien), entreprise de coworking basée à LyonLaCordee.

Les valeurs du projet de la Cordée sont les fondations nécessaires au monde du travail d’aujourd’hui et de demain:

  • Du local,
  • De la confiance,
  • Du solidaire,
  • De l’écologique,
  • De l’ambitieux,
  • Du participatif,
  • Et beaucoup de rires…

Quoi de mieux pour retrouver le plaisir au quotidien et redonner l’envie de travailler.

(Source article & illustration: http://www.medium.com)

 

Méthode des 6 Chapeaux

La méthode des 6 chapeaux  (Six Thinking Hats) est une méthode de management personnel ou de groupe, développée par Edward de Bono.

Cette méthode permet d’exprimer différents points de vue sans l’obstacle de la censure des idées nouvelles, dérangeantes, peu habituelles. (Ex: en Asie, le « Non » est quasi absent des échanges même amicaux)

Pour se faire, chaque participant prend un « chapeau » d’une couleur particulière, ce qui lui assigne ou lui reconnait un rôle (« créatif », « positif », etc.). Ce chapeau peut changer durant la réunion et peut aussi être identique à celui d’autres participants. 

Grâce à la « protection » de la couleur du chapeau, les participants peuvent exprimer leurs points de vue de manière moins stigmatisante, et sont amenés à mieux comprendre les problématiques des autres en phase d’écoute.

Cette méthode offre un cadre bien défini pour libérer la parole, pour favoriser la créativité et guider l’analyse d’un projet, d’une idée. 

Les-six-chapeaux

Les 6 Chapeaux de la réflexion (ill: Jacky Salmi)