Perma_nature

_Perma_culture_
C’est l’art de rendre la culture perma_nente en offrant au sol et aux plantes un écosysteme harmonieux et durable, qui puisse générer lui-même les conditions favorables au développement de formes de vie plus évoluées.

C’est à la mode!
Et comme toute chose à la mode, on va très vite s’en ennuyer et mettre ça au placard pour chercher autre chose, du nouveau, du différent, du scoop.

Mais non! Sa pratique se répand pour revenir à une culture durable. Seule sa médiatisation doit être effet de mode. La permaculture EST un aboutissement qui associe héritage culturel et intelligence des sciences de la vie et de la terre.

Pierre Rabhi est un représentant actif de cette philosophie et technique. Le fondateur de l’association des Colibris forme et aide les paysans à se re-connecter au bons sens agricole et surtout, à se distancier de l’agro-industrie notamment en utilisant des graines naturelles.

Graines naturelles?
Oui, celles qui n’ont pas été sélectionnées, ni transformées en laboratoire pour proposer une pseudo stabilité et pseudo résistance, ce qu’on appelle graines hybrides, F1.
Malheureusement, elles ne supportent qu’un nombre de reproductions limitées, c’est à dire que les graines issues d’une culture à l’an N perdent en fécondité et résistance avec le temps.
En plus de cela, pour complètement optimiser les cultures de F1, les cultures doivent être plus irriguées, fortement complémentées en engrais solubles et protégées par des pesticides.
Si le semencier et le sélectionneur tirent ainsi des profits colossaux en raison de l’obligation « biologique » pour le paysan de racheter sa semence chaque année, le paysan devient totalement dépendant des géants de l’agro-industrie tels que Monsanto, Syngenta, Dupont etc., les prix des semences augmentant librement et rapidement.

Se passer du F1
Promouvoir l’utilisation de graines naturelles est donc un enjeu de sécurité publique et mondial pour préserver les paysans de cette dépendance semencière et financière d’une part, mais aussi pour conserver le patrimoine génétique (plus de 75% des graines ont disparues de la planète en 100 ans) et assurer la suffisance alimentaire de la population mondiale (72% de l’alimentation mondiale est issue de petites fermes, pour qui les graines hybrides ont un impact financier insurmontable).

Pour la Dr. Vandana Shiva, figure de proue de l’opposition aux brevets sur le vivant, lutter contre les graines génétiquement transformées est un combat vital pour privilégier l’abondance à rareté, la paix à la guerre, le naturel au toxique.

Là où tout se complique, c’est que depuis 1949, pour pouvoir être commercialisées, toutes les espèces ou variétés végétales doivent obligatoirement être inscrites au « catalogue officiel des espèces ou variétés ». Pour y figurer, elles doivent remplir plusieurs critères, évalués par un comité composé de représentants du ministère de l’Agriculture, de l’Institut national de recherche agronomique (Inra) et de représentants des semenciers.
Pour les espèces potagères, les conditions d’inscription sont au nombre de trois : la «distinction », l’«homogénéité », et la «stabilité ». La variété proposée au catalogue doit être distincte des variétés existantes, donc nouvelle. Elle doit être « homogène », c’est-à-dire que les plantes d’une même variété doivent toutes être identiques. Enfin, la variété doit être stable génétiquement, ne pas évoluer au gré de ses reproductions ou multiplications.

En plus du coût requis pour l’obtention de la carte du GNIS (Groupement National Interprofessionnel des Semences et plants), les graines naturelles ne sont pas enclin à bénéficier de ce fichage car les plantes issues de graines naturelles mutent naturellement et ne répondent de fait pas à ces critères (cf. homogène, stable et de distinction).
Et, sans carte, interdiction de les commercialiser.

Banques de graines du sol
Pour faire face à cette absurdité de n’autoriser que la vente de graines hybrides ou graines « courte durée », paysans et militants s’organisent pour mettre en place des banques de graines et préserver le patrimoine semencier mondial.

Des banques de graines existent dans plusieurs pays qui regroupent des millions d’échantillons de nombreuses espèces, sous-espèces ou variétés cultivées et parfois sauvages.

Certaines associations et ONG font un travail complémentaire de promotion et conservation, ou gestion conservatoire de semence paysanne (ou semences fermières).

L’association Kokopelli, basée dans le sud de la France (Alès) participe à la diffusion de ces graines naturelles en commercialisant 1700 variétés de plantes potagères, céréalières, médicinales, condimentaires et ornementales, malgré le cadre réglementaire. Ils contribuent à ce que Pierre Rabhi nomme « l’insurrection des consciences » pour fédérer ce que l’humanité a de meilleur.

Les initiatives dans ce sens se répandent en France.
– La ville Grigny-sur Rhône, fermement opposée au fichage et à la privatisation du vivant, aménage l’ensemble de ses espaces verts avec des « semis désobéissants » venant de chez Kokopelli.
– Le jardin du Quai Rambaud à Lyon 2, aménagé par l’association EnVie Partagée, en plus d’être formée à la permaculture par l’association Passe-Jardins, fait appel à des graines naturelles perpétuelles issues du Centre de Ressources
de Botanique Appliquée (CRBA de Lyon) et sème des graines endémiques de Rhône-Alpes datant d’avant la révolution industrielle stockées en Russie.
– Des actions citoyennes se mettent également en place comme le troc de graines dans la loire (lien web)

Les banques de données sont de vraies arches de Noé végétales.

Sur l’île norvégienne de Spitzberg dans l’archipel de Svalbard, une chambre forte futuriste – Svalbard Global Seed Vault a été construite avec le financement de 19 pays et recense près de 800 000 échantillons de graines naturelles du sol, conservées à -18°C. Ces graines pourraient y avoir une espérance de vie (pouvoir de reproduction) de 400 à 500 ans. Au-delà, leur seul intérêt sera réservé aux généticiens industriels pour accéder à des profils génétiques de plantes disparues.
Si l’initiative est remarquable, il est crucial de garder à l’esprit que le but premier est la diffusion et la culture de ces graines naturelles.

Sources web: 

  • agoravox.tv/actualites/international/article/danger-3-multinationales-46604
  • etat-du-monde-etat-d-etre.net/du-reste/faites-vos-jeux-rien-ne-va-plus/450-euros-damende-pour-diffusion-de-legumes-clandestins
  • bastamag.net/Les-semences-et-les-plantes-propriete-exclusive-de-l-agro-industrie
  • infogm.org/5119-hybrides-F1-outil-efficace-pour-mettre-les-paysans-sous-dependance
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s